- Accueil
- Lectures
- Non-Fiction
- Nous sommes tous des féministes - Chimamanda Ngozi Adichie
Nous sommes tous des féministes - Chimamanda Ngozi Adichie
- Traduit de l'anglais ( Nigeria ) par Sylvie Scheiter et Mona de Pracontal -
.
De Chimamanda Ngozi Adichie j'avais lu L'autre moitié du soleil qui m'avait fait forte impression. Son roman L'hibiscus pourpre m'a été plus que recommandé. J'ai croisé ce petit opus sur une table de librairie alors que je rôdais dans l'espace non-fiction en quête du dernier titre de Nathalie Skowronek. Aucune raison de s'en priver ( et puis les Folio 2€, ça ne compte pas :))
Ce texte d'une cinquantaine de pages est la transcription ( modifiée pour publication ) d'une conférence de décembre 2012 donnée lors d'un colloque annuel consacré à l'Afrique.
Il ne s'agit pas d'un discours, rien de déclamatoire, mais d'un récit nourri de souvenirs et d'anecdotes du Nigéria et des Etats-Unis, de réflexions sur des situations concrètes afin d'éclairer ce que serait les justes définitions des mots féminisme/féministe.
" J'ai donc décidé d'être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes "
Chimamanda Ngozi Adichie ne condamne pas. Ces propos sont espoirs et voeux. Elle constate et elle raconte les préjugés ancestraux, revient sur les " connotations lourdes et négatives " de ces mots, sur les questions d'éducation, de genre et de culture.
" Nous sommes des êtres sociaux. Nous intériorisons les idées de notre environnement. [...] La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture. S'il est vrai que notre culture ne reconnaît pas l'humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et devons l'y introduire."
Sans approfondir, elle dit l'essentiel. Elle raconte, sans surprise quant aux exemples vécus cités, avec des mots directs, avec une approche fine les réalités de la discrimination sexuelle - " coriace et complexe " - et l'évolution possible. Dans une véritable démarche de dialogue - elle nous livre les remarques et réponses qui lui ont été faites sur ce sujet qui la concerne et la touche : " Je sais qu'ils ne sont animés d'aucune mauvaise intention, mais avoir conscience d'une chose, ce n'est pas pareil que la ressentir " -, elle pointe les détours et les dénis, les facilités et les fatalités.
" J'ai décidé de ne plus mettre un bémol à ma féminité. Et je veux qu'on me respecte en tant que femme. J'y ai droit. La politique et l'histoire m'intéressent, le débat d'idées me passionne, ce qui ne m'empêche pas d'être une fille. Et contente de l'être. "
" Une de mes relations nigérianes m'a demandé une fois si je ne craignais pas d'intimider les hommes. Je ne le craignais absolument pas - ça ne m'était même jamais passé par la tête, étant donné qu'un homme que j'intimiderais serait précisément le genre d'homme qui ne m'intéresserait pas. "
Pour compléter ce texte, en seconde partie de cet opus, se lit une nouvelle du recueil Autour de ton cou intitulée Les Marieuses ; une excellente nouvelle qui m'a convaincue de lire le recueil.
.
- Rentrée littéraire Hiver 2015 avec Micmélo -
*
Ajouter un commentaire
Commentaires
1 Dominique Le 18/04/2015
2 Aifelle Le 19/04/2015
3 keisha Le 19/04/2015
4 Estellecalim Le 20/04/2015
5 Laure Le 21/04/2015
6 Noukette Le 23/04/2015