Le neveu d'Amérique - Luis Sepulveda
- Métailié 1996 - Point 1998 -
- Traduit de l'espagnol ( Chili ) par François Gaudry -
Pour s'acquitter d'une promesse faite à son grand-père, Luis part pour le village andalou de ses ancêtres : Martos. Il parcourt d'abord l'Amérique latine, du Chili à la Patagonie, en passant par l'Équateur, et croise en chemin un curé alcoolique et un membre de la secte Hare Krishna. Il étudie la sociologie, côtoie les dictatures...pour sonder l'âme du sous-continent, et devenir homme.
.
Ce livre est bien plus un récit de voyage d'inspiration autobiographique qu'un roman. En quatre parties, il raconte les pérégrinations de l'auteur, avec tout son talent de conteur, à travers le continent sud-américain.
" Je vous invite à m'accompagner dans un voyage sans itinéraire fixe, en compagnie de personnages hors du commun comme le sont tous ceux qui apparaissent ici avec leur nom, et desquels j'ai tant appris et continue d'apprendre."
La courte première partie est consacrée à l'enfance, au grand-père anarchiste à la retraite, à l'engagement communiste, à la prison politique chilienne. L'humour, la tendresse, une douce ironie, sont omniprésentes sur les pages de ce livre. Dans cette partie, la plume est acide comme la dictature a été assassine. C'est Le voyage à nulle part, le sentier des idées libertaires.
La seconde partie s'intitule " Notes sur un voyage aller " : c'est le départ du Chili, la route de l'exil, la traversée du continent sud-américain en quête d'une sortie vers l'Europe que rend difficile le tampon des militaires chiliens sur le passeport. Ce sont les rencontres. Cette chronique des souvenirs ne se limite pas à ceux de l'auteur. Ses chapitres sont tournés vers les autres. Il remonte jusqu'en Bolivie, doit redescendre en Equateur. Et ce sont les circonstances improbables en ces temps de chaos dans des villes perdues. Il avance au gré des boulots, faisant l'enseignant, le journaliste, l'écrivain.
Puis, il y a une ellipse temporelle, celle de l'installation en Europe ( Luis Sepulveda a vécu longtemps en Allemagne ). Nous le retrouvons en troisième partie enfin autorisé à retourner au Chili. Ce sera en Patagonie. C'est la partie qui donne son titre original au livre : Patagonia Express. C'est la désolation de cette terre, " cette région oubliée de la bureaucratie centrale ", et sous les mots, c'est toujours la chaleur humaine. On y croise Bruce Chatwin, avec qui l'auteur partageait un projet d'écriture; on y croise les deux gringos Butch Cassidy et Sundance Kid et un Prix Nobel. Cette partie, c'est l'Histoire de ce pays et le pays des histoires, histoires singulières toujours offertes à la vie malgré une désespérance.
En dernière partie, l'auteur arrive en Espagne, à Martos. Il y est enfin venu le neveu d'Amérique.
Cette lecture m'a rappelé celle du recueil Les roses d'Atacama qui parcourt le monde en Histoires marginales; les deux lectures entre douleurs et beautés.
.
" Je pouvais revenir au Chili, mais je restais en Europe. Ils pouvaient revenir à Buenos-Aires mais ils restaient en Patagonie. Cette conversation avec mes amis me confirma une fois de plus qu'on est de là où l'on se sent le mieux. "
.
De Luis Sepulveda sur Lire & Merveilles : - Le monde du bout du monde - Les roses d'Atacama - Dernières nouvelles du Sud avec Daniel Mordzinski - Ingrédients pour une vie de passions formidables -
De Luis Sepulveda, Anne vous présente La folie de Pinochet -
*
Ajouter un commentaire
Commentaires
1 Anne Le 13/02/2018
2 Aifelle Le 13/02/2018
3 Marilyne Le 13/02/2018
@ Aifelle : tout est dit :-D
4 yuko Le 13/02/2018
5 Emma Le 14/02/2018
6 Marilyne Le 14/02/2018
@ Emma : ah, " Les roses d'Atacama " fait partie de mes favoris, un très beau recueil.
7 maggie Le 14/02/2018
8 kathel Le 14/02/2018
9 Marilyne Le 17/02/2018
@ Kathel : tu sais quoi, tu cites deux titres des livres de Sepulveda que je n'ai pas lu ;-) ( c'est à dire que j'ai lu Le journal d'un tueur sentimental )
10 Ellettres Le 22/02/2018
11 Marilyne Le 23/02/2018