De l'art à Milan
Milan était l'étape incontournable vers notre escapade sur les rives du lac de Côme. Nous avons décidé d'y passer trois petits jours. Ce fut trois journées ensoleillées très agréables à la découverte de cette ville du nord italienne, ses larges avenues, le quartier de la gare Garibaldi à l'architecture urbaine novatrice ( avec notamment les immeubles Forêt verticale, un hectare de verdure sur deux tours " écopaysagères " ), la Scala, le château des Sforza, évidemment le Duomo que nous avons finalement visité, sans passion je dois l'avouer, trop sombre, trop écrasant. Ce sont les " terrasses " en haut, permettant de voir mieux la débauche gothique et les gargouilles, ainsi que la visite, en bas, de l'espace archéologique dévoilant la basilique d'origine avec le baptistère, qui nous ont intéressés.
Nous espérions voir la Cène de Léonard de Vinci, en cette année de 500 ème anniversaire, peinte sur l'un des murs de ce qui fut le refectoire d'un couvent mais il fallait réserver très à l'avance, trois mois à l'avance jour pour jour en fait. J'ai manqué cette réservation à un jour près.
Ce qui ne nous a pas empêchés de profiter de la ville de Leonardo, riches d'églises et de musées. Il a fallu faire des choix. Les nôtres se sont portés sur la pinacothèque de la Brera et sur le Novecento. Nous n'avons pas regretté ces choix, ne serait-ce que par l'intérêt des sites en eux mêmes.
La pinacothèque de la Brera se situe dans un quartier charmant et charmeur, paisible, de galeries d'art et de créateurs de mode. Les jolies rues et ruelles pavées sont piétonnes, bordées de restaurants. La pinacothèque elle-même est installée à l'Academie des Beaux-arts. Nous y avons croisé autant d'étudiants que de touristes. Cette pinacothèque à été inaugurée par Napoléon, ses collections étaient à destination des étudiants.
Ce musée est magnifique, avec plus de 38 salles ( dans chacune de nombreux sièges de style ) suivant la chronologie, partant du Moyen Âge. Ce fut un très beau voyage pictural italien. L'espace est conçu de façon à voir également, grâce à des cloisons en verre, la bibliothèque du XVIIIème et sa salle de lecture, l'atelier de restauration en activité ( avec un écran présentant le travail effectué sur l'une des oeuvres restaurées ) ainsi que la réserve. Derrière la cloison de verre, nous avons pu voir les casiers de dépôts. Certains étaient ouverts, les toiles exposées derrière la vitre. C'est un principe de cette pinacothèque, sortir les oeuvres régulièrement, juste pour les voir, sans explication ou exposition temporaire, afin que le visiteur profite un peu plus de ces dépôts ( il n'est jamais déplaisant de croiser des portraits peints par Modigliani ).
Nous avons été subjugués par les peintures religieuses du Moyen Âge, leur finesse et leur élégance, leur force d'evocation, leur état de conservation.
- Carlo Crivelli ( 1430 - 1495 ) - Cameniro Triptych -
Parmi les chef-d'oeuvres exposés, ayant marqué l'histoire de l'art, l'évolution de la peinture, nous avons pu admirer le Christ couché de Mantegna, impressionnant par son réalisme et le travail de perspective pour ce XVème siècle, et nous avons eu la chance de revoir le Souper à Emmaüs du Caravage ( déjà vu lors de la belle exposition au musée Jacquemart André à Paris en 2018 consacré au Caravage, nous nous réjouissions d'en profiter à nouveau dans le musée d'origine puisque cette toile fut celle qui nous a particulièrement interpellés lors de la visite de cette exposition exceptionnelle. )
- Andrea Mantegna - The Lamentation over the dead Christ ( 1483 ) -
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- Carravaggio - 1606 -
Au fil des salles, il y eut le plaisir de souvenirs vénitiens avec Canaletto et Guardi, et d'y rencontrer le neveu de Canaletto, peintre vénitien également, Bernado Belloto, qui nous a invités à retourner au musée des Beaux-Arts de Lyon pour son Grand Canal.
- B.Bellotto - vers 1736 -
Nous avons eu la joie de voir enfin Le baiser de Hayez ( témoignant de la période romantique italienne, avec une portée historique et politique : en effet, il s'agit également d'une représentation allégorique de l'unification italienne ainsi que de l'alliance franco-italienne par l'association des couleurs des vêtements, reprenant celles des drapeaux de la France et le l'Italie ).
- Francesco Hayez - 1859 -
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Nous en avions plein les yeux, nous nous sommes dirigés vers le petit jardin botanique dissimulé à l'arrière de la pinacothèque, doux moment de paix.
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Ce billet est long, le Novecento, musée d'art moderne, ce sera pour une prochaine fois.
- Participation au mois italien organisé par Martine -
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Commentaires
1 Autist Reading Le 09/05/2019
2 Marilyne Le 09/05/2019
3 Mina Le 09/05/2019
4 Marilyne Le 09/05/2019
Regarde plus précisément pour Milan, l'escapade peut t'intéresser.
5 niki Le 09/05/2019
6 maggie Le 09/05/2019
7 Anne Le 09/05/2019
8 Marilyne Le 10/05/2019
@ Maggie : merci, la visite était très belle !
@ Anne : avec plaisir. Cette petite journée ( juste avant notre départ dans l'après-midi pour le lac de Côme ) à la pinacothèque reste notre grand moment milanais.
9 Aifelle Le 10/05/2019
10 Marilyne Le 10/05/2019
11 Kathel Le 10/05/2019
12 Marilyne Le 11/05/2019
13 Alys Le 11/05/2019
14 Dominique Le 12/05/2019
Le Canaletto fait partie de mon parcours obligé au musée, vrai je vais souvent vers les mêmes toiles
Je suis en train de lire sur Caravage un peintre qui me fascine
15 Marilyne Le 12/05/2019
@ Dominique : Ah, Canaletto et Caravage. Je comprends ta fascination pour Caravage. J'ai lu le diptyque BD que lui a consacré Manara, superbe. J'ai vu que Y. Hanaël vient de publier un livre sur lui, je ne sais pas trop quoi en penser.
16 MTG Le 12/05/2019
17 Marilyne Le 12/05/2019
Pour le tableau : le cheval est dans les tons rouges, il couvre presque tout le tableau. Les jambes du cavalier sont noires, son buste et sa tête dans les oranges.
18 Lili Le 15/05/2019
19 Marilyne Le 15/05/2019
20 Annie Le 17/05/2019
21 Marilyne Le 17/05/2019